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Le 2 juillet, Oritain a réuni à Paris plus de 60 dirigeants des secteurs du retail, de la mode et du luxe pour célébrer l’ouverture de son bureau parisien et l’intégration d’AIA, son laboratoire français, à son réseau mondial de laboratoires.
Organisée à l’Ambassade de Nouvelle-Zélande, cette soirée a permis d’aborder une question devenue centrale pour les marques : comment passer d’une traçabilité déclarative à une vérification indépendante de l’origine des matières premières ?
Entre les enseignements du 2026 Oritain Supply Chain Intelligence Report, les échanges avec les acteurs du secteur et le panel réunissant Louis Vuitton et Lacoste, cinq grands messages sont ressortis.
L’ouverture du bureau parisien et de l'intégration d'AIA marque une étape importante pour Oritain en Europe.
Cette présence locale, au cœur de Paris, rapproche la vérification scientifique des maisons de luxe, marques de mode et retailers qui pilotent depuis la France des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Dans un marché où l’origine, la provenance et l’intégrité des matières premières ont une valeur commerciale et réputationnelle majeure, cette implantation répond à un besoin croissant : accompagner les entreprises au plus près de leurs enjeux opérationnels, réglementaires et stratégiques.
Les discussions ont mis en évidence une réalité partagée par de nombreux acteurs du secteur : les chaînes d’approvisionnement du luxe et de la mode sont longues, fragmentées et difficiles à maîtriser dans leur intégralité.
Le fournisseur direct d’une marque n’est pas toujours le point où le risque se situe. Les enjeux d’origine apparaissent souvent plus en amont, deux ou trois rangs plus loin, là où la visibilité devient plus limitée.
C’est particulièrement vrai pour des matières comme le cuir ou le coton, qui peuvent passer entre plusieurs mains avant d’être assemblées dans un produit fini. À chaque étape, le risque d’erreur, de substitution ou de mauvaise déclaration peut augmenter.
"Le fournisseur n’a pas forcément une volonté de tricher. Il y a aussi des aléas de fabrication en amont de la filière, qui font qu’il faut vérifier ce que les fournisseurs déclarent." Raynald Anquet, VP Quality & CSR Operations, Lacoste
"Le fournisseur n’a pas forcément une volonté de tricher. Il y a aussi des aléas de fabrication en amont de la filière, qui font qu’il faut vérifier ce que les fournisseurs déclarent."
Raynald Anquet, VP Quality & CSR Operations, Lacoste
Le 2026 Oritain Supply Chain Intelligence Report révèle un signal d’alerte clair : après trois années de progrès, le risque lié au coton prohibé repart fortement à la hausse.
En 2025, 90 % des marques testées présentaient au moins un résultat avec du coton à risque, contre 64 % en 2024. Le rapport montre que le risque augmente dans plusieurs zones de fabrication : parmi les produits testés, 40 % de ceux fabriqués en Chine présentent un signal de risque, contre 15 % pour le Bangladesh et 13 % pour le continent américain.
Cette résurgence s’explique notamment par le poids du Xinjiang, qui représente désormais 92 % de la production chinoise de coton. Même lorsque les marques déplacent leur fabrication vers d’autres pays, le risque ne disparaît pas : il se déplace via les flux de fils, de tissus et de sous-traitance.
Le message est clair : la documentation seule ne suffit plus. Sans vérification indépendante, une marque peut être exposée sans le savoir.
"La confiance n’exclut pas le contrôle. On peut faire confiance à ses fournisseurs, mais il faut aussi vérifier ce qui arrive réellement sur le produit fini. Ce contrôle permet de renforcer le message auprès des fournisseurs : la traçabilité est importante, mais sa véracité est essentielle." Guilaine Ipert, Responsable Développement Filières Matières chez Louis Vuitton
"La confiance n’exclut pas le contrôle. On peut faire confiance à ses fournisseurs, mais il faut aussi vérifier ce qui arrive réellement sur le produit fini. Ce contrôle permet de renforcer le message auprès des fournisseurs : la traçabilité est importante, mais sa véracité est essentielle."
Guilaine Ipert, Responsable Développement Filières Matières chez Louis Vuitton
Un message fort est ressorti du panel avec Louis Vuitton et Lacoste : les déclarations fournisseurs, certifications et documents papier constituent une première étape importante, mais elles ne suffisent plus toujours à sécuriser les claims d’origine.
La pression réglementaire s’accélère, avec des cadres comme l’UFLPA, l’ESPR, le Digital Product Passport, le devoir de vigilance ou encore le règlement européen sur le travail forcé.
Cette exigence est déjà très concrète sur certains marchés. Comme l’a rappelé Raynald Anquet, Vice President Quality & CSR Operations chez Lacoste : “Les douaniers américains demandent maintenant des éléments de preuve. Les déclarations sur l’honneur ne suffisent plus.”
Les marques doivent désormais pouvoir démontrer leurs efforts de diligence raisonnable avec des éléments objectifs, vérifiables et crédibles.
Pour Lacoste, cette évolution s’est traduite par une approche combinant déclaratif fournisseur et contrôle indépendant. “Nous sommes passés d’une logique centrée sur les certifications à une logique de déclaratif de traçabilité des filières fournisseur, complétée par un plan de contrôle Oritain. Cela nous permet d’identifier les fournisseurs les plus fiables et de nous concentrer sur ceux qui le sont moins, afin de faire monter rapidement la performance traçabilité”, a-t-il également expliqué.
L’enjeu n’est pas seulement réglementaire. Il est aussi réputationnel et commercial. Les risques d’origine peuvent rapidement devenir visibles, notamment lorsque des ONG, médias ou parties prenantes recoupent des informations sur les chaînes d’approvisionnement. Pour les marques de mode et de luxe, cela touche directement à la confiance, à la désirabilité et à la valeur de marque.
"On a de plus en plus besoin de preuves, et cette preuve peut passer par un contrôle physique de ce qui est déclaré. C’est une façon de renforcer la traçabilité documentaire, pour fiabiliser l’information." Guilaine Ipert, Responsable Développement Filières Matières chez Louis Vuitton
"On a de plus en plus besoin de preuves, et cette preuve peut passer par un contrôle physique de ce qui est déclaré. C’est une façon de renforcer la traçabilité documentaire, pour fiabiliser l’information."
La traçabilité permet de cartographier le chemin qu’une matière est censée avoir suivi. Elle reste un pilier essentiel de tout programme de conformité et de gestion du risque.
Mais elle atteint ses limites lorsqu’elle repose uniquement sur les informations déclarées dans les systèmes ou les documents. Elle dit ce qui aurait dû se passer. Elle ne permet pas toujours de confirmer que la matière en main correspond réellement à ce qui est déclaré.
La vérification scientifique vient compléter cette approche. En analysant la matière elle-même, Oritain vérifie de manière indépendante si celle-ci correspond à l’origin déclarée et comble ainsi le fossé entre parcours documenté et preuves concrètes.
Les échanges ont également montré que cette vérification peut créer une pression positive sur les fournisseurs, renforcer le niveau d’exigence et contribuer à faire progresser l’ensemble de la chaîne de valeur.
"Oritain, c’est le moyen de vérifier le plus simplement possible et avec le plus de fiabilité, la traçabilité qui nous est déclarée." Raynald Anquet, VP Quality & CSR Operations, Lacoste
"Oritain, c’est le moyen de vérifier le plus simplement possible et avec le plus de fiabilité, la traçabilité qui nous est déclarée."
La soirée Oritain Paris a confirmé une conviction partagée par de nombreux acteurs du secteur : l’avenir de la traçabilité ne reposera pas uniquement sur plus de données, plus de documents ou plus de déclarations.
Il reposera aussi sur la capacité à vérifier, de manière indépendante, que les matières premières correspondent bien aux origines revendiquées.
Pour les marques de mode, les maisons de luxe et les acteurs du retailer, la question n’est donc plus seulement de savoir si elles peuvent tracer leurs chaînes d’approvisionnement, mais si elles peuvent prouver ce qu’elles déclarent.
Merci à toutes les personnes présentes à Paris pour la qualité des échanges, ainsi qu’à nos intervenants : Raynald Anquet, Vice President Quality & CSR Operations chez Lacoste, Guilaine Ipert, Responsable Développement Filières Matières chez Louis Vuitton, Gemma Lynch, Chief Customer Officer chez Oritain, et Sylvain Bérail, CEO du Laboratoire Oritain France et ancien chercheur au CNRS.
Cette soirée marque une étape importante pour Oritain en France, avec l’ouverture de notre bureau parisien et du Laboratoire Oritain France, au plus près des acteurs du luxe, de la mode et du retail.
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